
Guide des plus belles croisières aux Antilles françaises en catamaran
Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont quelques-unes des meilleures destinations pour des croisières en catamaran ou en voilier dans les Caraïbes.
Naviguer aux Antilles françaises, c'est naviguer en territoire familier avec un dépaysement complet. Pas de démarches douanières entre les îles, l'euro partout, les vols directs depuis Paris, Lyon ou Nantes : la logistique est simple. Ce qui est complexe, c'est de choisir où aller.
Martinique est la porte d'entrée naturelle. Le Marin, au sud, est l'une des plus grandes bases nautiques de la Caraïbe : toutes les typologies de voiliers et de catamarans y sont disponibles, et les premières escales sont à portée d'une demi-journée. La côte caraïbe de l'île, plus calme que la façade atlantique, réserve des mouillages bien abrités, des villages de pêcheurs et, le soir, un coucher de soleil sur la mer.
De la Martinique, une longue journée de navigation mène à la Guadeloupe. Une fois au nord, l'archipel guadeloupéen s'ouvre en éventail : les Saintes, Marie-Galante, la réserve Cousteau au large de Malendure. Les Saintes méritent au moins une nuit sur bouée pour comprendre pourquoi cette escale revient dans tous les récits de navigation caraïbe.
Plus au nord, Saint-Martin et Saint-Barthélemy forment un autre circuit. Saint-Martin est une île double : le nord français et le sud néerlandais dans le même périmètre, deux ambiances, deux ports, une frontière sans contrôle depuis 1648. Saint-Barth, à 30 milles à l'est, s'atteint en une matinée de navigation avec les alizés de travers.
Aux Antilles, la croisière se vit avec un skipper, toujours inclus : c'est lui qui connaît les mouillages, les règles locales et le rythme des alizés. Selon les bateaux, la formule peut aller plus loin vers le tout compris, avec une hôtesse ou un cuisinier à bord, la pension complète ou le carburant. Le vol jusqu'aux Antilles reste en général à réserver à part. Les croisières durent le plus souvent d'une à deux semaines, et les fêtes de fin d'année, au tout début de la saison sèche, comptent parmi les périodes les plus demandées.
De décembre à avril (saison sèche, alizés réguliers de 15 à 25 noeuds). La saison des pluies de mai à novembre rend la navigation plus aléatoire ; les mois d'août et septembre concentrent le risque cyclonique.
Idées de croisière
Aux Antilles françaises, la croisière se vit de plusieurs façons. À la cabine, on partage un catamaran avec d’autres voyageurs pour une ou deux semaines de détente, entre baignades, snorkeling et escales dans les villages créoles. En croisière privée, on réserve le bateau entier pour sa famille ou ses amis, avec un skipper, et l’on adapte la durée et l’itinéraire à ses envies : quelques jours suffisent pour filer de la Martinique à Sainte-Lucie, de la Guadeloupe aux Saintes et à Marie-Galante, ou de Saint-Martin à Saint-Barth. Le stage de voile, très prisé, permet de progresser aux côtés de skippers rompus à la navigation hauturière, de quelques jours à deux semaines. Et les croisières de Noël et du Nouvel An offrent une façon rare de fêter le réveillon : au mouillage, face à une plage, sous le ciel des tropiques.
Tourisme durable
La pression touristique sur les Antilles françaises est réelle, et certaines escales la ressentent plus que d'autres. Les Saintes et les plages de Sainte-Anne en Martinique voient des pics de fréquentation en décembre-janvier et pendant les vacances scolaires françaises. En dehors de ces périodes, il est plus facile de mouiller tranquillement et de visiter les villages sans foule. Les îlets Pigeon, que tout le monde appelle la réserve Cousteau, sont depuis 2009 en cœur de Parc national de la Guadeloupe : l'ancrage y est interdit, la pêche de loisir aussi, et toucher les coraux est une infraction. Aux Saintes comme à l'îlet Pinel, l'ancrage libre est encadré ou interdit au profit de bouées qui protègent les herbiers : les utiliser fait partie des règles du jeu. Marie-Galante et les côtes nord de Martinique restent peu fréquentées et méritent d'être valorisées comme alternatives aux escales les plus emblématiques.
Parfait pour
Les Antilles françaises sont idéales pour des équipages qui veulent une première croisière au long cours sans quitter le territoire français. La logistique simplifiée (pas de visa, euro, couverture Sécurité sociale dans les DROM, assistance consulaire disponible) rassure les novices qui hésitent à s'éloigner de l'Europe. Les alizés sont réguliers et portants sur la plupart des routes : on navigue souvent grand-largue ou vent arrière, ce qui convient à ceux qui découvrent la voile. Les navigateurs plus expérimentés y trouvent leur compte sur les traversées inter-îles, notamment le canal de la Dominique, et lors des sorties à l'aube pour attraper les meilleures conditions. Les familles avec enfants apprécient la qualité des mouillages, les fonds clairs pour le masque-tuba, et la proximité logistique de la France.
Première fois sur un voilier
La mer des Caraïbes est plus clémente que l'Atlantique nord, mais elle a ses exigences. Les alizés soufflent régulièrement de 15 à 25 noeuds dans les passes entre les îles, et le swell peut rester présent même par beau temps. Les mouillages bien abrités comme ceux des Saintes ou du Marin sont très accessibles pour un équipage débutant ; les traversées inter-îles demandent plus d'attention et de préparation météo. Les eaux sont chaudes (27 à 29°C en saison), transparentes et riches en vie marine : c'est un plaisir à l'ancre comme sous voiles. Les bases du Marin et de Pointe-à-Pitre sont bien équipées pour accueillir des équipages sans expérience préalable de la Caraïbe.
Croisières en voilier et en catamaran
Escales incontournables
Les Saintes (Terre-de-Haut, Guadeloupe)
Le mouillage de la Baie des Saintes est l'un des plus beaux de toute la Caraïbe. Ouverte à l'ouest, bien abritée des vents d'est, la baie offre une vue directe sur le village de Terre-de-Haut et ses maisons colorées. L'ancrage libre y est interdit : on s'amarre sur les bouées réparties devant le bourg, l'îlet à Cabrit et le Pain de Sucre, et le séjour est limité en haute saison. Il n'y a pas de marina, les annexes accostent aux pontons du bourg. Fort Napoléon surplombe la baie : la montée à pied depuis le quai prend vingt minutes et donne un panorama sur l'ensemble de l'archipel guadeloupéen. La plage de Pompierre, à l'est de l'île, est accessible à pied ou en annexe. Les fonds de corail au-delà du mouillage méritent une session de masque-tuba.
Anse Mitan et la Pointe du Bout (Trois-Îlets, Martinique)
Face à Fort-de-France, de l'autre côté de la baie, la commune des Trois-Îlets rassemble plages, restaurants et vie nocturne autour de la Pointe du Bout. Anse Mitan, longue plage de sable clair, offre un mouillage sur fond de sable à deux pas de la petite marina, très fréquenté en haute saison et parfois agité par la houle. Des navettes maritimes relient la Pointe du Bout à Fort-de-France en quelques minutes, pratique pour une visite de la capitale ou un marché. Plus au fond de la baie, le bourg des Trois-Îlets est le village natal de l'impératrice Joséphine, dont la maison familiale de La Pagerie abrite aujourd'hui un musée.
Marie-Galante (Guadeloupe)
Marie-Galante est une île plate, ronde, souvent oubliée des circuits classiques. C'est ce qui en fait son charme. Les moulins à vent du XIXe siècle y sont encore debout, les routes sont peu fréquentées et la canne à sucre occupe encore une grande partie des terres. Le mouillage principal est à Saint-Louis ; la plage de Capesterre, sur la côte est, est une des plus longues de Guadeloupe. La traversée depuis Pointe-à-Pitre ou les Saintes prend deux à trois heures selon les conditions.
Saint-Barthélemy (Gustavia)
Gustavia est un port en eau profonde qui peut accueillir des voiliers et des catamarans. L'île est petite (21 km²), mais très typée dans son caractère : calme, bien entretenue, avec une atmosphère différente des autres îles françaises. Les plages de Colombier (accessible uniquement par la mer ou à pied) et de Saint-Jean sont parmi les plus fréquentées. La traversée depuis Saint-Martin prend environ deux heures par alizés de travers. Saint-Barth est une collectivité d'outremer française hors Union douanière européenne : la fiscalité y est différente.
Sainte-Anne et les Salines (Martinique)
Sainte-Anne est le point de départ vers la pointe des Salines, plage de sable blanc au sud de Martinique régulièrement citée parmi les plus belles de la Caraïbe. Le mouillage de Sainte-Anne permet de descendre à terre et de rejoindre la plage à pied ou à vélo. L'eau est peu profonde, claire, avec des fonds de sable et d'herbiers marins. C'est aussi un bon point de départ pour les Saintes ou Marie-Galante.
S'y rendre en traversant l'océan
Pour les plus expérimentés, se lancer dans une traversée de l'Atlantique est un défi passionnant qui sera récompensé par une arrivée dans les belles Caraïbes. Vous n'êtes pas convaincu ? Voici tout ce qu'il faut savoir sur la traversée de l'Atlantique.
Mouillages, escales et lumière caraïbe




8+
Afficher tout
Que faire aux Antilles françaises
Plongée et snorkeling dans la réserve Cousteau
Les îlets Pigeon, face à la plage de Malendure (Bouillante, Basse-Terre), forment la réserve Cousteau, en cœur de Parc national de la Guadeloupe depuis 2009. C'est l'un des sites de plongée les plus connus des Petites Antilles : tortues marines, poissons de récif et coraux se découvrent dès quelques mètres de profondeur. Les règles sont strictes : ancrage interdit, bouées réservées aux bateaux de moins de 8 mètres, aucune nuit sur place, pêche de loisir interdite. Pour un voilier ou un catamaran de croisière, le plus simple est de rejoindre les îlets avec un club de plongée de Bouillante.
Randonnée sur les volcans
La Soufrière (Guadeloupe) culmine à 1 467 mètres. La montée depuis Saint-Claude prend environ trois heures aller-retour ; le sommet est parfois dans les nuages, mais offre une vue sur l'archipel lors des journées dégagées. En Martinique, la Montagne Pelée (1 397 m) est accessible depuis le Prêcheur ou Grand'Rivière. Ces deux volcans actifs structurent le paysage depuis le large bien avant l'arrivée au mouillage.
Visites de distilleries de rhum agricole
La Martinique est l'unique île de la Caraïbe à posséder une AOC rhum agricole (depuis 1996). Les distilleries de Saint-James (Sainte-Marie), Trois-Rivières (Sainte-Luce) et La Mauny sont accessibles depuis les mouillages de la côte caraïbe. À Marie-Galante, la distillerie Père Labat propose des visites de la fabrication artisanale du rhum blanc et vieux. Ces escales culturelles permettent de comprendre l'économie historique des îles.
Observation des tortues marines
Les tortues luths et imbriquées sont présentes dans les eaux des Antilles françaises, notamment autour de la Martinique et de la Guadeloupe. Les anses de la côte caraïbe de la Martinique, des Anses-d'Arlet à Sainte-Luce, sont connues pour les rencontres régulières avec des tortues marines au snorkeling. La ponte des tortues luths a lieu sur les plages de Martinique entre mars et juillet. L'observation est encadrée par des associations locales.
Marchés et cuisine créole
Les marchés de Fort-de-France (Martinique) et de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) proposent des produits locaux : fruits tropicaux, légumes-pays, poissons frais, épices. Les restaurants de bord de mer à Sainte-Anne (Martinique) ou à Terre-de-Haut (Saintes) servent des accras, du court-bouillon de poisson, du colombo de cabri. Les deux îles ont des styles culinaires sensiblement différents malgré la proximité géographique, et les escales successives permettent de le constater.
Points forts

Les Saintes, l'escale qui restera
Terre-de-Haut est une île de 9 km² que la plupart des navigateurs découvrent par un mouillage en Baie des Saintes. L'entrée dans la baie, entre l'îlet à Cabrit et le Pain de Sucre, sous le regard de Fort Napoléon, est régulièrement décrite comme l'une des plus belles arrivées de la Caraïbe.
L'île appartient à l'archipel guadeloupéen mais a une identité propre. La population descend en grande partie de marins bretons et normands installés au XVIIe siècle. La langue, le bâti blanc et les habitudes de pêche gardent une coloration qui les distingue des autres îles. Fort Napoléon, construit pour surveiller la route maritime entre Atlantique et Caraïbes, est le seul fort antillais à n'avoir jamais été pris par l'ennemi ; il abrite aujourd'hui un musée et un jardin de cactus.
L'escale mérite une nuit entière. Le soir, après le départ des ferries de touristes, le bourg reprend son rythme. Les boulangeries ouvrent tôt, et les brigades de Saintes, petits beignets sucrés locaux, se mangent chauds dès sept heures du matin.

La côte caraïbe de la Martinique, du Diamant à Saint-Pierre
Au large de la pointe sud-ouest de la Martinique, le Rocher du Diamant surgit de la mer comme un navire de pierre. L'image n'est pas qu'une métaphore : en 1804, les Anglais l'occupèrent et l'inscrivirent sur les registres de la Royal Navy comme un bâtiment de guerre, le HMS Diamond Rock, jusqu'à ce que la flotte française le reprenne l'année suivante. Aujourd'hui, ses tombants comptent parmi les sites de plongée les plus réputés de l'île.
En remontant vers le nord, la côte sous le vent change de visage à chaque anse. Le clocher des Anses-d'Arlet se dresse au bord de l'eau, puis viennent Anse Dufour, petit village de pêcheurs au sable clair, et juste à côté Anse Noire, dont la plage de sable volcanique sombre se cache sous les cocotiers : deux plages voisines, deux couleurs. Passé la baie de Fort-de-France, les reliefs se font plus verts et plus abrupts à mesure que l'on approche de la Montagne Pelée.
À son pied, Saint-Pierre fut longtemps la ville la plus brillante de la Martinique, surnommée le Petit Paris des Antilles. Le 8 mai 1902, l'éruption de la Montagne Pelée l'a détruite en quelques minutes, faisant près de 30 000 victimes, et une quinzaine de navires au mouillage ont sombré dans la rade. Les ruines du théâtre se visitent encore, et les épaves reposent toujours dans la baie : de l'Amélie, à quelques mètres sous la surface, jusqu'au Roraïma, posé à plus de 50 mètres, elles se découvrent avec les clubs de plongée de la ville. Depuis 2023, les volcans et forêts de la Montagne Pelée et des pitons du nord de la Martinique sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Marie-Galante, l'île en dehors des circuits
Marie-Galante est à vingt-cinq milles au sud de Pointe-à-Pitre. Plate, ronde, cultivée en canne à sucre, elle ressemble davantage à ce qu'était la Guadeloupe avant le développement du tourisme de masse. Les villages de Saint-Louis et Capesterre fonctionnent au rythme des pêcheurs et des agriculteurs.
L'arrivée par la mer est simple : la côte ouest offre un mouillage accessible et peu profond devant Saint-Louis. Les trois distilleries de l'île sont encore en activité (Père Labat, Bielle et Capesterre), chacune avec sa propre approche du rhum agricole. La route entre les deux plus éloignées traverse des champs de canne à perte de vue, quelques moulins à vent restaurés, et peu de voitures. Ce que Marie-Galante offre surtout, c'est du temps. Les équipages qui y font escale ont souvent du mal à repartir le lendemain matin comme prévu.
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